Cette rubrique présente de nouveaux ouvrages concernant presse écrite et médias. Ils peuvent vous intéresser comme outils de travail ou de réflexion. Tous les ouvrages commentés sont évidemment disponible à la médiathèque du CAV.

Ne sont présentés sur cette page que les résumés : pour télécharger l'entièreté du commentaire (3-4 pages), cliquez sur le titre de l'ouvrage qui vous intéresse.

Pour les ouvrages antérieurs à l'année en cours, veuillez consulter la rubrique « Archives ».

 

Pour une éthique des médias

François Jost, France, éd. de l'Aube, 2016 397p. (24€)

 

On sait que Jost est l'un des meilleurs analystes actuels des médias. Il nous propose ici un recueil d'une bonne centaine d'articles qu'il a écrits entre 2012 et 2016 pour le site "Le Plus de l'Obs". Un exercice qui, dit l'auteur, lui a permis une analyse plus nuancée, plus contextualisée aussi de l'actualité. Les objets médiatiques analysés sont très divers: communication politique, series télévisées, photos de Une de la presse écrite, retransmissions sportives, bashing médiatique, vie privée et publique, télé-réalité, etc. Tous ces "objets" donnent lieu à une volonté systémique de déconstruction idéologique  et de préoccupation éthique avec une mise en évidence de tout populisme, notamment chez Sarkozy, Mélanchon, Le Pen et les autres. Une mine à exploiter pour tout éducateur aux médias.

   

 

Daech, le cinéma et la mort

Jean-Louis Comolli, France, Editions Verdier, 2016, 122p. (13,50 €)

 

Les questions soulevées dans la presse par les images de décapitation et autres monstruosités diffusées par Daech ont surtout été posées au plan déontologique. Peu d'analystes de l'information se sont risqués à aborder le côté esthétique de ces images, leur mise en scène en relation avec une campagne de propagande. Il est donc intéressant de voir comment des auteurs-réalisateurs comme Comolli pouvaient aborder le problème. Il part du principe que toute l'histoire du cinéma a évolué pour célébrer la vie et, dans ce sens, les images de Daech ont quelque chose de blasphématoire. Comolli analyse donc les principales raisons d'une telle dérive. Il en identifie principalement deux: technologiques et commerciales (entendez par là l'immédiateté numérique et la vogue du blockbuster). Une interprétation un peu réductrice peut-être mais pouvant faire débat.

   Couverture "Deach, le cinéma et la mort"

 

Rome mise en scènes

Edouard Dor, Espaces et signes, coll. « Ciné voyages », 2016, 142 p. (13,50 €)

 

Une introduction au tourisme cinématographique ou, plus exactement, une invitation à revisiter des villes dont certains quartiers ont été mis en scène lors du tournage d'un film. Et c'est la Ville Eternelle qui inaugure cette nouvelle collection de "Ciné-Voyages". Sa présence actuelle, son passé, son aura, ont fait d'elle un lieu idéal pour y construire toute espèce de récit ou y développer n'importe quelle intrigue. N'était ce pas Fellini qui disait qu'on s'y sent "comme chez soi"?. C'est d'ailleurs l'immense réalisateur de (Fellini) "Roma" qui donne le ton à l'ouvrage. Plus d'une  centaine de films ont choisi Rome pour ses palais somptueux, ses espaces d'histoire et de culture, mais aussi ses faubourgs populaires, son petit peuple, ses laissés – pour -  compte. Une forme mineure d'éducation au cinéma peut-être, mais pas uniquement anecdotique.

 

 

Les réseaux sociaux, comment ça marche ?

Emmanuel Trédez et Halfbob pour les illustrations, Paris, Fleurus, 2016, 47p. (8,90€)

 

Un bel album aux couleurs vives qui propose aux enfants dès l'âge de neuf ans une série de réponses à "toutes les questions que tu te poses pour rester connecté". L'objectif premier de l'auteur est d'informer son jeune public en évitant surtout de l'effrayer sur les risques et autres "traumatismes" liés à la fréquentation du Net. L'accent est surtout mis sur les nombreuses possibilités offertes par les réseaux sociaux et les bonnes pratiques à adopter pour utiliser cet immense terrain de jeu et de découverte, sans se mettre en danger. C'est aussi, mine de rien, une première initiation à l'image, à sa complexité, à sa fascination, à ses pièges et à sa déconstruction. Une très bonne introduction à la culture actuelle…

 

 

L’Attrait du vent

Benjamin Thomas, Liège, Yellow Now, coll. « Côté Cinéma/Motifs », 2016, 112p. (9,50€)

 

Répétons-le, c’est une collection (Côté Cinéma/Motifs, chez Yellow Now) dont tous les textes nous enchantent par leur originalité et l’analyse créative qui les caractérisent. Celui de B. Thomas ne fait que renforcer notre adhésion. Comment le vent, par définition, incontrôlable, fantasque, imprévisible, peut-il être intégré à un récit cinématographique, être dompté par un réalisateur, devenir une composante visuelle de son propos, un élément signifiant de sa bande son ? On va s’en rendre compte dès les vues des frères Lumière, avant des incursions souvent inattendues dans Les fraises sauvages de Bergman, Une histoire de vent d’Ivens, mais aussi dans des films d’Ozu, Epstein, Antonioni, Sjöström,… Un régal.

 

 

Les discours médiatiques

N°1104 de la revue bimestrielle TDC (Textes et Documents pour la Classe), France, Canopé éd., juin 2016, 65p. (8€)

 

Quatre thématiques fondamentales de l’EAM viennent structurer cet ouvrage collectif : la mise en récit de l’écriture journalistique actuelle, les médias et leur rôle comme acteurs de la démocratie, l’incidence de l’immédiateté de la communication sur l’actualité, les réseaux sociaux et les modifications que ceux-ci apportent aux messages médiatiques. Quatre thématiques qui fondent aujourd’hui les pratiques médiatiques et qui devraient, à nos yeux, être à la base de toute formation initiale d’enseignants destinés à être titulaires d’un cours d’éducation aux médias.

   

 

Former l’esprit critique 1 Pour une pensée libre

Gérard De Vecchi, France, ESF éd., 2016, 279p. (18€)

 

Oserait-on dire que ce livre est un outil complémentaire du N° de TDC évoqué ci-dessus ? L’esprit critique y est présenté comme un enjeu plus important pour l’épanouissement de l’individu et sa responsabilité citoyenne que le savoir lire ou compter. Son auteur est très pragmatique dans les démarches qu’il préconise et dans les situations ou illustrations qu’il convoque. On pense souvent à la structure d’un manuel scolaire à destination d’enseignants du fondamental ou du secondaire. Avec d’intéressants chapitres sur l’analyse raisonnée, le discernement, l’argumentation et le passage de l’indignation à l’action… Avec aussi des références directes à des sujets délicats à aborder, mais qui doivent absolument l’être à l’école.

 

 

Génération 3.0. Enfants et ados à l’ère des cultures numérisées                                                                                                             

Pascal Lardellier, Editions EMS, 2016, 158 p. (11,50€)

 

 

Cela pourrait être le troisième volet du triptyque… L’auteur s’y focalise sur le fossé existant entre les pratiques numériques réelles de notre jeunesse hyperconnectée et des attentes éducatives que l’Ecole et certains parents peuvent légitimement nourrir à l’égard du Net et de ses ressources en apparence inépuisables. De ce fossé entre les usages privés et les attentes scolaires, naît l’urgence d’une « dialectique numérique », soit une littératie qui réconcilierait culture de l’information et culture numérique. Pas simple, car il faut vaincre une forme de paresse culturelle pour expérimenter de nouvelles formes d’apprentissage, un savoir réflexif. En somme, l’ouvrage de Lardellier est lui aussi essentiel et devrait figurer en filigrane de toute formation initiale d’enseignant.

   

 

Penser ou cliquer ?

Michel Blay, France, CNRS Editions, 2016, 63p. (4€)

 

L’interpellation lancée dans le titre introduit l’essentiel de l’argumentation. L’alternative supposée par cet opuscule est sans appel. Soit nous sommes toujours capables de faire l’apprentissage de notre autonomie, soit nous réagissons en robot et devenons à notre tour une machine. Si nous choisissons de « cliquer », nous pourrons partir à la quête de nouvelles performances, mais à quel prix ? Pourrons-nous encore penser ou rêver ? Les questions posées mériteraient souvent un débat contradictoire, d’autant qu’elles dépassent leur simple formulation, dans la mesure où la problématique de fond n’est rien moins que les rapports entre l’homme et son environnement naturel, une nature que nous avons asservie par une exploitation réductrice.

   

 

Bande dessinée et numérique

Sous la direction de Pascal Robert, Paris, CNRS Editions, coll. « Les Essentiels d’Hermès », 2016, 252p. (8€)                                
 

 

Les nouveaux business models des médias

Selma Fradin, Fyp Editions, 2016, 191p. (20€)

 

Le numérique a profondément modifié le rapport au temps, à l’espace et surtout aux usages. Et les médias ne sont pas encore passés d’une stratégie défensive à une stratégie offensive sur ces différents plans. Peu d’entre eux osent se réinventer dans un autre modèle, une autre organisation, un autre service à la communauté. Il s’agit donc bien d’une analyse traitant de l’éclatement des modèles médiatiques dans le monde actuel et de la nécessité d’une adaptation permanente des produits et des services. L’auteure se focalise sur les trois piliers de la transformation : la rupture du modèle traditionnel de l’entreprise, les nouveaux usages et surtout un nouveau type d’organisation ouverte au décloisonnement ou à l’innovation.

   

 

Le mythe de la culture numérique

Philippe Godard, Le bord de l’eau, 2015, 158 p. (16€)

 

Pour l’auteur, le numérique n’est pas neutre, il favorise ce qui se voit le mieux sur le web au détriment de ce qui fait sens… Un ton qui a tendance à se complaire dans l’outrance, le ton polémique et la partialité. Une vraie culture, sans sa fonction émancipatrice, n’a pas sa place ici, prétend Godard. La mise en accusation est violente et assez peu nuancée. Plus de politique éditoriale, plus de fonction subversive ; le numérique c’est la pensée unique triomphante, le fast-food intellectuel, la triste uniformité ; comme tel, il ne peut qu’étouffer la connaissance et la capacité de raisonner ou de penser. Comment, dès lors, échapper à cette nouvelle domination ? Créer de nouveaux espaces culturels, des « espaces de liberté », ce serait là une remise en question radicale de l’ordre imposé par le cybermonde… A vous de voir !

 

 

Story-Boards. La genèse des chefs-d’œuvre du cinéma

Fionnuala Halligan, Prisma Editions. 2015, 240 p. (40€)

 

Par définition, le story-board a une existence éphémère, puisqu’il représente la première interprétation visuelle du projet préfigurant le film qui sera projeté. Une fois ce film terminé, le story-board n’a plus de raison d’être. Certains sont très précis et s’attachent à chaque plan, d’autres prennent en compte les scènes les plus significatives et leur enchaînement. Certains cinéastes, comme Hitchcock, Eisenstein ou Lang, y accordaient énormément d’importance, mais les réalisateurs de la Nouvelle Vague ont rejeté le story-board parce que trop contraignant à leurs yeux. L’originalité de ce très bel album réside surtout dans l’échantillonnage qu’il nous propose, des exemples très contrastés en termes d’époques, de styles et de nationalités des oeuvres citées. Un ouvrage original par son propos et de belle qualité par sa réalisation graphique.

 

 

La double dépendance. Sur le journalisme

Patrick Champagne, Raison d’agir. 2016, 187p. (8€)

 

Un ouvrage intéressant sur l’ambiguïté de la position des journalistes dans un monde aux multiples dépendances : celles du pouvoir politique et de l’argent, de la révolution technologique et de l’évolution sociétale, d’une presse de référence, ou de divertissement, ou encore de spécialisation très pointue. Ce champ journalistique doit être analysé dans cet ensemble d’injonctions souvent paradoxales et dans le triple capital que possède tout organe de presse : économique, politique, symbolique, autant de composantes avec des exigences contradictoires. Une confiance renouvelée du public avec son producteur et diffuseur d’info passe par une claire perception de ces exigences et des incessantes mutations de l’espace médiatique.

 

 

La création cinéma. Un recueil de textes d’Alain Bergala

Liège, Yellow Now, coll. « Côté Cinéma », 2015, 272p. (30€)

 

Initiateur de l’analyse filmique créative, Bergala s’interroge ici sur un ensemble d’éléments qui interviennent en amont de la réalisation et influencent toute la dynamique d’une création au cinéma. Le cinéaste doit trancher parmi ses incertitudes et ses doutes, mais contrairement à d’autres artistes, une relation s’établit entre un metteur en scène et ses comédiens, cette relation a une incidence sur les images ou leur montage. De même, un autre type de relation s’établit entre des œuvres antérieures ou à venir et celle qui est en cours d’élaboration. Il y a aussi ces images absentes, ces références culturelles, ces images mentales qui font brusquement irruption sur le plateau ou dans la salle de montage, qu’il importe d’identifier et de prendre en compte dans l’analyse. Bref, tous ces « possibles », ces indices du processus de création.

   

 

Informer (n’)est (pas) un délit. Ensemble contre les nouvelles censures

Sous la direction de Fabrice Arfi et Paul Moreira, Paris, Calmann-Lévy, 2015, 234p. (17€)

 

Il s’agit d’un ouvrage collectif rédigé par des journalistes d’investigation réagissant à l’amendement sur « le secret des affaires » de la loi Macron (2015) et à une probable directive européenne sur le sujet. Une plongée particulièrement documentée dans une série d’enquêtes « sensibles », où les menaces et pressions sont monnaie courante, que ce soit à l’égard des journalistes eux-mêmes, de leurs sources ou des lanceurs d’alerte. On va voir ainsi défiler les financements libyens de Sarkozy, l’affaire Bettencourt, Clearstream, l’usage des fonds publics dénoncé par Mediapart, mais aussi les spéculations immobilières de Christian Estrosi, maire de Nice, avec la complicité des médias locaux, ou encore les procès en diffamation intentés par le groupe Bolloré pour protéger ses intérêts au Cameroun. Un chapitre entier est consacré aux relations de la presse avec le FN. Pas triste non plus… Intimidation, interdits, lobbying, coupures de recettes publicitaires, harcèlement judiciaire, mais généralement, on s’arrange pour que la procédure échappe au droit de la presse…

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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