Cette rubrique présente de nouveaux ouvrages concernant presse écrite et médias. Ils peuvent vous intéresser comme outils de travail ou de réflexion. Tous les ouvrages commentés sont évidemment disponible à la médiathèque du CAV.

Ne sont présentés sur cette page que les résumés : pour télécharger l'entièreté du commentaire (3-4 pages), cliquez sur le titre de l'ouvrage qui vous intéresse.

Pour les ouvrages antérieurs à l'année en cours, veuillez consulter la rubrique "Archives"

  

 

100 dessins de Cartooning for peace pour la liberté de la presse

Reporters sans frontières. 2013, 144 p. (9,90 €)

 

Il y a plusieurs raisons de se réjouir que le dessin de presse ait été choisi par Reporter sans frontières pour défendre la liberté d’expression et d’information. D’abord, parce que le dessin de presse est un genre journalistique à part entière par sa contribution à la perception critique et à la compréhension de l’info. Ensuite, parce que les dessinateurs de presse sont devenus souvent les cibles des régimes dictatoriaux et des intégrismes religieux, d’autant que les réseaux sociaux ont élargi leur influence et… leur responsabilité. La création de Cartooning for Peace par Kofi Annan, alors Secrétaire Général des Nations Unies et par Plantu, nous permet d’avoir ici un florilège d’humour, d’impertinence, d’indépendance d’esprit tant sur l’état du monde et le pouvoir de la presse. En cette fin d’année, c’est un peu plus consistant que les baromètres et autres sondages.

 

 

Les 100 Unes qui ont fait la Presse 

Christophe Bourseiller, Les beaux jours, 2013, 200 p. (25 €)

 

On sait que, partie intégrante du journal, la Une est à la fois sa vitrine et sa porte d’entrée. On se plaît ici à parcourir l’histoire de 1631 (« La Gazette » de Renaudot) à 2012, une des nombreuses fins du monde qu’on nous annonce régulièrement… Quatre siècles d’images chocs, de portée internationale, de décès des « grands » de ce monde ou de faits divers pittoresques. Une centaine d’illustrations où le « panier de la ménagère » le dispute à la sélection rigoureuse de l’info ou à l’originalité de l’angle choisi. On voit ainsi défiler une histoire de la presse mise en abyme et des fragments d’autobiographie tant ce monde de la presse est devenu inévitablement le nôtre.

 

 

Facebook. Anatomie d’une chimère

Julien Azam, Les réveilleurs de la nuit, 2013, 89 p. (11 €)

 

Le sous-titre l’annonce, c’est bien d’un pamphlet qu’il s’agit. D’une mise à l’index pour harcèlement, stupidité et racisme larvé. L’argumentation est souvent teintée de mauvaise foi, elle est en tout cas très réductrice. Il s’agirait, d’après l’auteur, de la transformation de la vie privée en marchandise pour répondre aux stratégies de marketing des industries publicitaires. La critique porte aussi sur l’emprise morale exercée par le réseau social, sa « dérive totalitaire », sa démagogie dans l’exploitation du couple voyeur/exhibitionniste,… Un pamphlet qui devrait faire débat au sein des classes sur la diabolisation qu’il stigmatise ici…

 

 

L'interview. Savoir interroger et écouter pour mieux rendre compte

Edith Rémond, Victoires Ed., coll. « Métier Journaliste », 2ème éd. 2013, 70 p. (14€)                                                                        

 

Pour le journaliste professionnel, l’interview reste un élément important de la collecte d’informations. Mais interviewer quelqu’un doit être un exercice de qualité qui se construit et se gère. Il faut choisir la technique de questionnement, respecter la jute distance entre interviewer et interviewé. Il faut pouvoir allier respect, écoute attentive, analyse nuancée du propos et du comportement de l’interviewé ; et puis, recouper les sources d’info, valider, etc. Des attitudes et des compétences qu’il faut maîtriser pour que le contact soit respecté et que chaque partenaire y trouve son compte.

Pour l’enseignant de français, sciences sociales, morale, c’est évidemment aussi une activité à privilégier pour les stratégies discursives qu’elle implique et la dimension sociale qu’elle entend développer. Cet ouvrage est une excellente introduction à ce genre d’activité.

 

 

Les débats télévisés en 36 questions-réponses

Gaël Villeneuve, Presses Universitaires de Grenoble, 2013, 136 p. (15 €)

 

Dans le débat télévisé, un des principaux défis est de concilier une expression du débat démocratique avec une forme de spectacle télévisuel. Un autre défi consiste à aller à la rencontre d’un public assez peu sensibilisé à la chose politique et pas toujours conscient des contraintes institutionnelles ou des règles propres à tout rituel, et le débat en est bien un. Troisième défi : susciter auprès du public une forme de participation – volontaire ou organisée – en pensant à une évolution technologique qui permet au débat TV de gagner en ouverture, en transparence, en simultanéité. Et puis, il y a évidemment l’objectivité du débat qui ne peut se résumer à un simple chronométrage des interventions. Des défis qui viennent alimenter les quatre parties de cet ouvrage : la conception de l’émission, son déroulement, le choix des invités, la relation du téléspectateur au débat.

 

 

Du livre et des écrans. Plaidoyer pour une indispensable complémentarité

Serge Tisseron, Editions Manucius, coll. « Modélisation des imaginaires », 2013, 51 p. (4 €)

 

Un plaidoyer pour une indispensable complémentarité. Mais aussi un texte que nous considérons comme assez réducteur, compte tenu de l’importance de la problématique évoquée et d’un traitement assez contestable. Certes, c’est bien d’une défense sans réserve du numérique qu’il s’agit d’abord. Après avoir évoqué quelques concepts qui lui sont chers, comme celui de « rêvasserie » versus rêve et celui de virtuel psychique et numérique, l’auteur réfute une série d’accusations à l’égard de l’invasion numérique et stigmatise les parents qui surveillent leur progéniture et la poussent, en définitive, à adopter des stratégies de dissimulation. Soit, fort bien… Mais ensuite, vient une réflexion sur la nécessaire hybridation de la culture du livre et de celle des écrans. Que les écrans favorisent une culture circulaire et une spatialisation des connaissances, mais que le livre, de son côté, soit considéré comme un « support d’apprentissage par cœur » et se base sur une structuration uniquement linéaire, cela nous paraît un peu court, dans l’absolu et pour défendre une complémentarité où les deux termes devraient pouvoir s’équilibrer et se renforcer.

   

 

 

Guide du datajournalisme. Collecter, analyser et visualiser les données

Sous la direction de J. Gray, L. Bounegru, L. Chambers. Version française de Nicolas Kayser-Bril. Eyrolles, 2013, 219p. (25 €)

 

Les ouvrages consacrés au journalisme numérique ont tendance à se multiplier et c’est bien normal. Celui-ci s’adresse tout particulièrement aux étudiants en journalisme, mais aussi aux professionnels de l’info « soucieux de formation continuée ». Et la publication collective dont il est ici question met surtout l’accent sur le côté pratique en multipliant les cas concrets et les références utiles en matière de collecte, d’analyse et de visualisation des données recueillies. Mais l’objectif ultime des mutations, souhaitées ou imposées, vise toujours à apporter le meilleur éclairage possible à l’actualité relayée. On passe ainsi en revue les modifications que subissent les salles de rédaction, la remise sur le métier d’un modèle économique de l’entreprise, les applications les plus courantes, mais aussi les plus innovantes, le crowdfunding, les méthodes d’accès à l’info sur le web, le droit qui régule cet accès, la publication des données et son storytelling visuel. les processus d’impression et de distribution, apparition de nouveaux impératifs tels qu’une production en temps réel et une parfaite connaissance de son audience. Dans ce contexte tout à fait inédit, la veille journalistique est devenue un e                     

 

 

 

Le journalisme numérique

Alice Antheaume, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, Coll. « Nouveaux Débats », 2013, 183p. (14€)

 

Cet essai, dans la collection « Nouveaux Débats » tente d’étudier les nouvelles interactions entre producteurs et consommateurs d’information dans le flux continu de temporalités et de supports multiples. Disparition d’anciennes contraintes comme les heures de bouclage ou les processus d’impression et de distribution, apparition de nouveaux impératifs tels qu’une production en temps réel et une parfaite connaissance de son audience. Dans ce contexte tout à fait inédit, la veille journalistique est devenue un exercice complexe mais aussi une condition de survie, tout comme le nouveau rapport au temps et au public. Le journaliste numérique est une sorte de DJ qui met en musique la matière informative. C’est toute une spécificité à acquérir et une crédibilité professionnelle à gagner.

 

 

Genesis

Sebastião Salgado, Taschen, 2013, 517 p. + descriptif desphotos et biographie 35 p. (45€)

 

Un photojournaliste avec une sensibilité et un engagement humaniste qu’on avait déjà pu apprécier dans « La main de l’homme » (1993) et « Exodes » (2000), des témoignages sur les conditions socio-économiques difficiles. Ici, par contre, le photographe veut nous montrer la beauté à l’état naturel, la splendeur qui unit peuples et régions ; il veut nous convaincre de les aimer et de les respecter comme un ultime cadeau que la nature nous réserve. C’est une lettre d’amour à la planète… et un ultime avertissement. Un itinéraire fascinant, dont certaines vues confinent à la peinture abstraite, à une réorganisation graphique du monde dans les limites du cadre photographique.

   

 

Art et Cinéma. Le documentaire sur l’art en Belgique 

Dekeukeleire, Cauvin, Haesaerts, Storck, de Heusch, Cinematek, 3 DVD, un livret de Steven Jacobs, 2013 (47€)

 

Cette publication de Cinematek est accompagnée d’un livret de Steven Jacobs en introduction aux 3 DVD qu’elle propose. Il s’agit, en fait, d’un ensemble de documentaires d’art réalisés entre 1938 et 1999, par Dekeukeleire, Cauvin, Haesaerts, Storck, de Heusch. Mais l’intérêt de cette initiative ne se limite pas à notre patrimoine pictural. N’oublions pas que le cinéma belge jusqu’en 1965 – sortie de « L’homme au crâne rasé » d’André Delvaux – était confiné aux courts et moyens métrages. Il s’agissait d’œuvres à tendance sociale, comme « Misère au Borinage » de Storck, ou de documentaires comme ceux que l’on retrouve ou que l’on découvre dans cette édition. Et il est toujours passionnant d’y rechercher les signes avant-coureurs d’un cinéma qui va atteindre sa maturité.

 

 

 

Médias : la grande illusion 

Jean-Jacques Cros, Jean-Claude Gawsevitch Ed., 2013, 248p. (19,90€)

 

L’auteur pointe une série d’éléments qui pourraient expliquer la conviction de nombreux citoyens que la représentation médiatique d’un fait n’a plus grand-chose à voir avec le fait lui-même. Il va ainsi passer en revue le droit de regard de l’Etat sur les médias, les exigences de rentabilité des groupes de presse, le pouvoir du marketing. Il ajoute l’urgence de plus en plus marquée qui caractérise la profession journalistique ou encore les stratégies de mise en scène de la réalité. La volonté de Cros consiste en tout cas à dissiper un sentiment de manipulation consciente de l’info par les journalistes, tout en admettant le conformisme ambiant et les pressions extérieures. Mais en toutes choses, il importe de relativiser. Il est clair que tous les acteurs de l’info ont leur part de responsabilité dans son traitement et l’essentiel est de le comprendre et d’éduquer…

 

 

 

100 photos de Paolo Pellegrin pour la liberté de la presse

Reporters sans frontières, Coll. « Pour la liberté de la presse » N°42, 2013, 144p. (9,90€)

 

« Reporters sans frontières », fidèle à la tradition instaurée, publie un nouveau recueil de photos de presse pour que l’on n’oublie pas le lourd tribut payé par la profession à la volonté d’informer. C’est Pellegrin qui, cette fois, a les honneurs du recueil. Il est membre de Magnum depuis 2005 et, que ce soit au Darfour, en Bosnie ou en Irak, il est devenu un véritable témoin de son époque avec un travail qui se situe entre reportage documentaire et photographie d’art. Une œuvre qui est à la fois une leçon de vie et de prise de vue. Une photo extrêmement contrastée, passant de la lumière aveuglante à l’obscurité profonde. Une manière peut-être de rendre compte de la brutalité quotidienne de notre monde.

 

 

L’attrait du téléphone

Emmanuel André et Dork Zabunyan, Yellow Now, 2013, 94p. (9,50€)

Restons dans le domaine des objets qui parfois engendrent une forme de fétichisme… et parlons de la cinégénie téléphonique. Le téléphone au cinéma représente tout un univers, tantôt dramatique, tantôt esthétique, tantôt symbolique. Du combiné classique au GSM, du standard téléphonique à ses opératrices, des fils qui quadrillent le ciel à la sonnerie inespérée, désespérée, attendue, crainte,… c’est tout un univers qui se construit, de la comédie au thriller ou au film d’horreur. Et c’est ainsi tout le patrimoine cinématographique qui est exploré. Un livre inattendu, amusant, sans prétention, savoureux.

 

 

Du pigeon voyageur à Twitter. Histoires matérielles du journalisme

Vinciane Colson, Juliette De Maeyer et Florence Le Cam, Espace de libertés, 2013, 89p. (10€)

 

Un voyage surprenant, qui correspond à une savoureuse réflexion sur les objets qui ont fait du journalisme ce qu’il est devenu. Objets mythiques, objets quotidiens, mais aussi gestes, espaces de travail, comportements et routines, qui ont contribué à structurer tout un univers, de Tintin à Emile de Girardin, de « Citizen Kane » aux « Hommes du Président ». Des carnets d’adresses aux dossiers de presse, des pigeons porteurs de dépêches au petit oiseau bleu virtuel, du télex à la fibre optique, des dépêches « bâtonnées » aux tablettes et autres smartphones. Une histoire originale qui nous rappelle, si nécessaire, que la production journalistique est bien le résultat de son époque, de son contexte et d’une forme de culture.

 

 

Les écrans, le cerveau… et l’enfant. Un projet d’éducation à un usage raisonné des écrans pour l’école primaire

Elena Pasquinelli, Gabrielle Zimmermann, Anne-Bernard Delorme, Béatrice Descamps-Latscha, La main à la pâte. Editions Le Pommier,  2013, 179p. (19€)

 

Une œuvre ambitieuse, éditée par l’équipe de La main à la pâte. Pour les enfants, l’appropriation des nouvelles technologies représente un apport énorme de connaissances et d’opportunités d’insertion sociale, mais aussi une utilisation parfois abusive des écrans omniprésents, une forme de dépendance, un oubli des contraintes de la réalité. Pour essayer de résoudre une telle ambivalence, une équipe issue des neurosciences nous propose ici « un projet d’éducation à un usage raisonné des écrans pour l’école primaire ». Ce projet privilégie l’observation et l’expérimentation afin de développer chez les jeunes une auto-construction des connaissances par la verbalisation, l’argumentation et le raisonnement. A cette démarche métacognitive, participent aussi les acteurs éducatifs et sociaux de l’environnement scolaire. Une série d’activités permettront ainsi de voir comment les écrans sollicitent le cerveau et de mettre en œuvre des mécanismes réflexifs d’apprentissage et d’auto-défense.

 

 

Le droit de savoir

Edwy Plenel, Don Quichotte Editions, 2013, 175p. (9,99€)

 

Entre les « affaires » Cahuzac, Bettencourt, Dati ou Kerviel, le point commun réside notamment dans les révélations du site web d’information et d’opinion « Mediapart », dont Plenel est un des fondateurs et le principal animateur. « Le droit de savoir » est en quelque sorte une mise en perspective de cette expérience et une manière de nourrir le débat qui se tisse autour du journalisme actuel. C’est dire que se retrouvent au centre de la problématique la responsabilité sociale du journaliste, sa raison d’être et sa légitimité, mais aussi l’indépendance du journalisme d’investigation, la vérité, la transparence de l’information et… la démocratie, avec ce « grain de sable » toujours nécessaire qui la réveille et la fait vivre. Car « Le droit de savoir des citoyens est bien à la source de la légitimité des journalistes ».

 

 

 

 

Tout(e) Varda 

Agnès Varda, Ciné Tamaris et Arte Editions, 2012. Un coffret de 22 DVD (20 LM, 16 CM, des inédits, des inachevés), un livret de 128p., des surprises et bien d’autres choses encore… (109€)

 

Un enchantement qui peut nous ravir tous, tout en nous rappelant ce qu’est le vrai cinéma, chaleureux, inventif, à la frontière constante entre fiction et documentaire. Varda, c’est à la fois la poésie des « petites choses » de la vie quotidienne, mais aussi les prémisses d’un renouveau cinématographique, qui s’ouvre avec « La pointe courte » ou « Cléo de 5 à 7 » et  va s’affirmer pendant une soixantaine d’années au travers de courts, de longs métrages ou d’installations vidéo. Mais ce qui enchante, précisément, c’est que derrière cette curiosité et cette recherche artistique, il y a une bonhomie, un humour, une chaleur, parfaitement indissociables d’un des grands talents du 7ème Art, de ces talents qui font qu’on aime éduquer au cinéma…

   

 

Cinema Nôvo. Avant-garde et révolution

Bertrand Ficamos, Nouveau Monde Editions, 2013, 426p. + DVD d’extraits de films (34€)

 

Pour les cinéphiles des années 60, ce Cinema Nôvo fut une véritable révolution, à la fois esthétique et sociale, qui contrastait avec une nouvelle vague française sacrifiant souvent à des effets de mode. Ici, le cinéma est bien une stratégie et un outil d’engagement et de lutte, de conscientisation des masses, de dénonciation politique. Et tout ceci s’est d’ailleurs accompagné d’un remarquable lyrisme. Ressusciter aujourd’hui un tel cinéma n’est donc pas faire preuve d’une nostalgie sans intérêt pour un patrimoine filmique qui confine à l’archéologie. Le Cinema Nôvo, c’est aussi une dizaine d’années d’histoire du Brésil et une mobilisation révolutionnaire où des « élites » ont voulu que des masses populaires deviennent des acteurs politiques au sens le plus noble du terme. Ne serait-ce qu’à ce titre, le cinéma des Glauber Rocha, des Ruy Guerra, des Nelson Pereira Dos Santos, nous semble un moment essentiel de notre histoire.

 

 

Manifeste XXI. Un autre journalisme est possible

Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry. Encart de 20p. dans le n°21 du trimestriel XXI, Rollin Publication, 2013 (15,50€)

 

Le trimestriel XXI célèbre son cinquième anniversaire avec ce Manifeste qui pourrait être une forme de réponse au journalisme en ligne. En d’autres termes : ne se trompe-t-on pas de révolution ? La révolution numérique de la presse est-elle la seule issue possible ? Et si on se donnait le temps nécessaire, si on allait sur le terrain, si on rendait à l’image d’information son statut et au graphisme son originalité, si on retrouvait la confiance et l’estime du lecteur au lieu de le considérer comme un simple consommateur d’info… quatre suggestions pour contrer la fuite en avant technologique, la course aux applications, la transformation des journaux en « marques » multimédias. De l’utopie pure, vous diront les patrons de quotidiens. Et cependant si tout n’était pas à jeter dans ces suggestions… Peut-être le journalisme retrouverait-il cette « chair » qui parfois lui fait cruellement défaut, ce recul et cette nécessaire réflexion.

  Manifeste XXI

 

L’enfant et les écrans. Un avis de l’Académie des sciences 

Jean-François Bach, Olivier Houdé, Pierre Léna et Serge Tisseron, Hors collection. Le Pommier, 2013, 267p. (17€)

 

Il s’agit ici de l’avis de l’Académie des Sciences au Ministère de l’Education nationale sur la prolifération des écrans auxquels nos jeunes sont exposés quotidiennement dès le premier âge. Un document important pour tous les membres de la communauté éducative. Le point de départ est connu, cette appropriation des nouvelles technologies par les bébés, les enfants ou les adolescents repose sur une grande ambivalence. D’une part, un apport de connaissances, une formation de la pensée, des opportunités d’insertion sociale, d’autre part, une utilisation parfois abusive de ces écrans, une forme de dépendance consciente ou non, l’oubli de la vie réelle, de ses contraintes et enjeux. Ces profits et pertes sont analysés au départ de plusieurs interrogations comme l’évolution du psychisme et du cerveau, le virtuel psychique ou numérique, la violence des programmes, l’immersion dans un autre type de réalité. Il est clair que les neurosciences peuvent nous aider à mieux percevoir les rapports entre jeunes et écrans, ainsi qu’à nous conduire à une meilleure intégration des outils numériques par le cerveau.

 

  L'enfant et les écrans

 

Femmes et médias. Une image partiale et partielle

Clara Bamberger, L’Harmattan, coll. « Inter-national », Série premières Synthèses – jeunes chercheurs, 2012, 94p. (12€)

 

Cet ouvrage se présente comme une première synthèse sur la « ségrégation horizontale et verticale » entre les sexes qui, d’après l’auteure, structure la profession de journaliste. Dans la mesure où chacun sait désormais que les médias disposent d’une capacité importante à modeler la réalité sociale ou nourrir notre imaginaire collectif, la responsabilité pointée ici est énorme. A la base de cette étude - et c’est bien l’objet de cette série « Premières Synthèses » - on trouve des références incontournables comme le rapport de Michèle Reiser « L’image de la femme dans les médias », le livre d’Eric Neveu « Sociologie du journalisme » ou, plus fondamentalement, celui de Denise Jodelet consacré aux représentations sociales. L’ouvrage dont il est ici question parcourt trois étapes : il évoque d’abord une image tronquée de la femme dans les médias « un scandale auquel on finit par s’habituer », dit-elle, il s’interroge ensuite sur les raisons d’être de cette image. Enfin, il énumère quelques recommandations susceptibles d’améliorer la situation, comme une responsabilisation des médias eux-mêmes, des écoles de journalisme, des pouvoirs publics, qui devraient notamment sensibiliser les jeunes à ces stéréotypes sexistes véhiculés dans les médias.

  Femmes et médias

 

Journalisme en ligne : pratiques et recherches

Ouvrage collectif sous la direction de Amandine Degand et de Benoît Grevisse, De Boeck, coll. « Info et Com. », 2012, 365p. (22,50€)

 

Une problématique fondamentale pour l’évolution de l’info dans les médias et pour le débat démocratique. Comme le dit l’auteure de la préface, Jane B. Singer, « L’observateur est désormais également acteur. Le commentateur est aussi un interlocuteur. Le reporter est également un assembleur et le rédacteur en chef est aussi un homme de réseau ». C’est dire que les rôles sont devenus interchangeables et que le paysage journalistique est entièrement bouleversé. Forcément, les questions sous-jacentes sont nombreuses. Chacun peut-il accéder au statut de journaliste ? La méthode journalistique classique consistant à vérifier l’info avant de la diffuser a-t-elle désormais vécu ? Quel nouveau modèle économique ? Quelle nouvelle définition des tâches ? Un ouvrage collectif et international qui s’essaie à nous proposer une première synthèse. Des repères historiques, des stratégies organisationnelles, une auto-régulation, des enjeux déontologiques et juridiques, mais aussi de nouvelles pratiques comme le journalisme participatif, le webdocumentaire, etc.

  Journalisme en ligne

 

   


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