Cette rubrique présente de nouveaux ouvrages concernant presse écrite et médias. Ils peuvent vous intéresser comme outils de travail ou de réflexion. Tous les ouvrages commentés sont évidemment disponibles à la médiathèque du CAV.

Ne sont présentés sur cette page que les résumés : pour télécharger l'entièreté du commentaire (3-4 pages), cliquez sur le titre de l'ouvrage qui vous intéresse.

Pour les ouvrages antérieurs à l'année en cours, veuillez consulter la rubrique « Archives ».

 

Vincent Tout-Puissant

N. Vescovacci et J.P. Canet

JCLattès Editions, France, 2018, 399 p. (22,85 €)

 

C'est (évidemment) de Bolloré qu'il s'agit ... un dossier de 400 pages rédigé par deux journalistes d’investigation sur l'homme d'affaires redouté, qui – comme les Bouygues, Lagardère et autre Dassault – s'intéresse aussi aux médias, pour le malheur de ceux-ci. Car les médias sont aussi synonymes d’influence et de pouvoir... L'obsession de Bolloré est la prise de contrôle au mépris de toute indépendance éditoriale des médias dont il s'accapare. Les auteurs passent en revue les proies médiatiques que le « boa » breton s'est offertes. Havas, Canal+, Vivendi, les journaux gratuits, la chaîne Direct8, I-Télé. L'empire est pluriel et diversifié, mais toujours au service exclusif des intérêts et réseaux du « smiling killer », avec la complicité des Sarkozy, Hollande ou Macron... En tout cas, une belle séquence pédagogique sur le journalisme d'investigation et sur les dangers pour notre système démocratique que représentent des prédateurs comme celui-ci.

 

 

Apprentissages : un autre regard sur l’éducation

Rédacteur en chef : Gaël Bournonville

Belgique, Imprimerie Graphies, Revue semestrielle, Hiver 2017, 160 p. (23€)

 

Saluons ce premier numéro d'un « mook bien de chez nous », un semestriel qui entend s'intéresser tout à la fois au bouillonnement que représente l'acte d'éduquer et à la peur du changement qu'il induit souvent. Le seul exemple du développement de l'école numérique illustre ces deux sentiments d'espoir et de frustration. En fait, « Apprentissages » s'intéresse non seulement à ce qui se fait « ici et ailleurs », mais surtout « autrement ». Des thèmes, des histoires, des portraits, qui ne sont jamais très éloignés de la pensée de Freinet, l'initiateur des « méthodes actives ». On passe ainsi de l'intégration d'une élève sourde qui entame des études supérieures à une réflexion partagée (Culot de l'UCL et Tisseron) sur les jeunes et les écrans, puis à un dossier sur les enfants roms et l'école ou encore à un projet éducatif au Burkina Faso. Une grande fraîcheur du regard, une belle rigueur éditoriale, une remarquable qualité graphique.

 

 

Ciné-narration, une façon d'être : du récit de film à la conscience de soi

Patrice Gilly    

Chronique sociale, Belgique, 2018, 116p. (12,90€)

 

Le cinéma a toujours représenté un énorme réservoir d'émotions, de connaissances et de savoirs, mais aussi d'histoires. Un débat qui suit la projection d'un film poursuit souvent plusieurs objectifs, mais on pourrait imaginer qu'il se centre exclusivement sur l'évolution du fil narratif et que la réflexion collective des spectateurs fasse émerger des apports narratifs et des récits assez éloignés du scénario, des récits dans ce cas indissociables d'expériences vécues par chacun d'eux, de souvenirs enfouis dans l'inconscient, d'un imaginaire aux ramifications multiples. On entre ainsi dans le domaine de la ciné-narration, qui s'apparente aux thérapies développées par le psychologue australien Michaël White et qui exploite ainsi le capital narratif insoupçonné de chacun.

 

 

L’attrait des cafés

Clélia et Eric Zernik

Côté Cinéma/Motifs, Yellow Now, Belgique, 2017, 111 p. (9,95 €)

 

Le café est à lui seul un microcosme qui respire au rythme du flux de la vie, avec ses rencontres improbables, ses amours fugitives, ses coups de gueule, sa philosophie bon enfant ou son questionnement existentiel. Le café, c’est aussi un espace transitionnel où intime et public se rejoignent. Mais aussi un décor de miroirs, de baies vitrées, de reflets, de lumières éclatantes ou tamisées. Une bande son faite de bruits de verres et de tasses, de commandes lancées des tables périphériques vers le comptoir et, bien sûr, de musique et du bruit des machines à sous ou du flipper. Comme tel, le café est encore un formidable « objet » cinématographique, qui a fasciné aussi bien la Nouvelle Vague française qu’un Hitchcock ou un Ozu. Aujourd’hui, le café à l’écran c’est aussi un petit livre de la collection « Cinéma/Motifs » de chez Yellow Now, c’est-à-dire un petit bijou…
 
   


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