Cette rubrique présente de nouveaux ouvrages concernant presse écrite et médias. Ils peuvent vous intéresser comme outils de travail ou de réflexion. Tous les ouvrages commentés sont évidemment disponibles à la médiathèque du CAV.

Ne sont présentés sur cette page que les résumés : pour télécharger l'entièreté du commentaire (3-4 pages), cliquez sur le titre de l'ouvrage qui vous intéresse.

Pour les ouvrages antérieurs à l'année en cours, veuillez consulter la rubrique « Archives ».

 

10 films 1990-2015 : collection Congo-Zaïre

Thierry Michel, avec préface de Colette Braeckman

Liège, Les Films de la Passerelle, 2016,  67p. et 9 DVD (80€)                                                                                              

   

 

Dardenne par Dardenne. Entretiens avec Michel Ciment

Édition introduite par Vincent Lowy

Belgique, Ed. Le Bord de l'eau. 2017, 127p. (14€)


Un face-à-face des deux frères et de l'un des meilleurs analystes cinématographiques actuels… un régal pour l'esprit et le cœur, et une remarquable leçon de cinéma. On y participe au souci constant de dépassement des auteurs de « La promesse » ou du « Silence de Lorna », à l'affirmation d'un cinéma qui va évoluer au gré des répétitions et des tournages, et passer de la confrontation à l'ouverture et à la solidarité. On s'éloigne ainsi des contraintes librement acceptées du documentaire pour aller vers l'autre, vers le contact. Avec toujours une caméra attentive à l'être humain, à son humanité, à son intensité dramatique, bien plus qu'à un dispositif politique ou à une structure sociétale. Un cinéma de pulsion et de résistance.

   

 

Les grands patrons de journaux face à l'avenir : une enquête mondiale

Alain Louyot, France, Odile Jacob, 2016, 224p. (26,80€)


 

La presse écrite ne va pas bien, encore que… rien ne sert de le répéter. Il vaut mieux essayer de faire un cadastre analytique de modèles éditoriaux qui ont réussi à échapper à la morosité ambiante et donnent à réfléchir à des solutions reproductibles. C'est ce que fait Alain Louyot – lauréat Albert Londres et grand reporter au « Point » – en allant sur le terrain pour y rencontrer les patrons de presse confrontés à une obligation de mutation. Il en rencontre une bonne vingtaine et aborde avec eux des problèmes très concrets. Ainsi, nous mesurons combien la situation peut être contrastée en fonction de toute une série de paramètres géographiques, culturels, économiques, etc. du « Spiegel » au « Financial Times », de « La Repubblica » au « Wall Street Journal », du « Monde » à « Haaretz » ou au « País », le voyage en vaut la peine.

   

 

Après Charlie : le déni de la représentation

Dominique Chateau, Le bord de l'eau, 2016, 140p. (14€)

 

Le déni de la représentation consiste à ne pas considérer une image comme telle, mais à l'assimiler à la réalité qu'elle évoque; c'est un mécanisme de défense, évoqué d'ailleurs par Freud. Or, quand le caricaturiste Charb (« Charlie Hebdo ») déclare qu'il n'a pas l'impression d' « égorger quelqu'un avec un feutre », les assassins ne voient même pas le feutre… Mais l'auteur dépasse ce constat, qui conduit à des tragédies, pour s'interroger sur le statut de l'image dans un monde multiculturel, et le champ est vaste : ce statut va de l'interdiction pure et simple de l'image à des discussions idéologico-religieuses complexes, en passant par la fonction d'icône ou par l'image télévisuelle, qui n'est pas nécessairement conçue comme une image… Beaucoup de paradoxe ici et une certaine duplicité.

   

 

Communiquer c'est vivre

Dominique Wolton (Entretiens avec Arnaud Benedetti), éd. Cherche Midi, 2016, coll. « Documents », 343p. (18€)

 

Ces entretiens entre Wolton et Benedetti sont centrés sur la communication comme élément fondamental d'une négociation, sur le plan politique, social, culturel ou personnel. Wolton va jusqu'à affirmer qu'elle est indissociable de paix, de partage, d'altérité. Mais il est surtout question ici des rencontres de Wolton avec Raymond Aron, Jean-Marie Lustiger, Jacques Delors, de son engagement pour les médias de masse, pour la gauche humaniste et européenne, pour une vraie éthique de la communication, qu'on a trop souvent tendance à confondre avec de la peopolisation ou du marketing, et qui est rarement crédible dans les milieux académiques. Et puis, pas de diversité culturelle sans communication… En somme, l'itinéraire d'un auteur attachant et d'un « honnête homme » du 21e siècle.

   

 

La langue des médias. Destruction du langage et fabrication du consentement

 

Ingrid Riocreux, France, Paris, éd. de l'Artilleur, 2016, 333p. (20€)                                                                                          

   

 

New York mis en scènes

Jean-Michel Frodon, Paris, Espaces et Signes, 2016, 125p. (13,50€)

 

Nous vous avions présenté l'un des premiers numéros de cette Collection « Ciné Voyage » consacré à Rome. La séduction est de nouveau au rendez-vous avec une métropole qui a deux parrains cinématographiques: Woody Allen, et ses images en noir et blanc qui ouvrent « Manhattan », et Martin Scorcese, avec son « Taxi Driver » avec qui NY devient un lieu de tentation, d'illusion, de perdition et de violence. Si NY a cette double « appartenance », elle représente aussi un agencement assez exceptionnel de volumes et d'espaces, de perspectives et de contrastes, de lumière et d'ombre, de béton, de verre et de verdure. Cette organisation spatiale, toute en verticalité, est souvent indissociable d'une organisation dramatique, narrative, poétique, d'essence cinématographique. L'auteur, J. M. Frodon, du « Monde » et des « Cahiers du Cinéma » sait nous faire apprécier un tel enchantement.   

   

 

Internet, l'illusion démocratique

Ippolita + postface de Bernard Stiegler,  France, Editions de la Différence, coll. « Politique », 2016, 174p. (17,00€)

 

Depuis une douzaine d'années, Ippolita – groupe interdisciplinaire italien – analyse les technologies de la domination numérique et leurs effets sociaux. Le collectif vise à dénoncer la confusion et l'ambiguïté imposées par les grands groupes médiatiques. Nous avons déjà eu deux essais philosophiques et politiques J'aime pas Facebook et Le côté obscur de Google; ce troisième ouvrage s'inscrit dans la même ligne, en démontant avec minutie les trois affirmations: Internet est libre, démocratique et transparent. Quel remède préconiser pour contrer des pratiques "ravageuses" de marketing? Une vraie "culture numérique", qui remettrait à l'honneur une liberté de choix, des alternatives locales, une rupture avec l'illusion de gigantisme, de croissance illimitée et de transparence.

   

 

Médias, culture et numérique

Gérôme Guibert, Franck Rebillard, Fabrice Rochelandet, Paris, Armand Colin, 2016, 237p., coll. « Cursus » (20,75 €)

 

Les auteurs sont respectivement docteur en sociologie, information – communication et économie, trois domaines de compétences convoqués ici pour analyser la reconfiguration des industries culturelles et médiatiques avec le numérique. Et c'est bien d'une démarche systémique qu'il s'agit. Pour ces catégories de biens, la convergence numérique a restructuré le secteur en y introduisant notamment des intermédiaires d'un nouveau genre qui possèdent des compétences informatiques et une culture commune aux internautes, culture inspirée par l'idéologie du partage. De nouveaux modèles socioéconomiques apparaissent avec ce phénomène d'intermédiation, on parlera même de "courtage informationnel". En filigrane, quelle incidence sur la diversité culturelle et le pluralisme de l'information ?

   
   


Scoop.it